Etude des moeurs écossaises par un week-end pluvieux

Edimbourg depuis la terrasse du NMS

Cet article se veut une sorte de mode d’emploi à destination des pauvres 3A ayant fraîchement entamé leur « Voyage en terres inconnues ». Sans Frédéric Lopez pour sourire béatement aux autochtones et pour porter les bagages, les premiers pas dans un pays étranger sont souvent inégalement difficiles…

Pour certains, les premiers jours ne posent pas de problèmes : chaleureusement accueillis par une cousine d’Amérique, ils découvrent leur ville en enchaînant resto sur resto, au point d’oser se plaindre de trop peu manger à la maison (!) . Pour d’autres, les premiers jours s’annoncent à la fois ardus et remplis, l’objectif étant de trouver un logement un tant soit peut décent dans les plus brefs délais, pour fuir l’auberge de jeunesse miteuse dans laquelle ils séjournent. N’y voyez bien sûr aucune référence à des personnages existant ou ayant existé – quoique …

Pour les autres cependant, le début de 3A peut représenter – au choix – un défi personnel, des vacances ou un mauvais moment à passer, avec toujours en ligne de mire votre nouvelle amie : la solitude. Dans mon cas, le challenge a consisté à répondre à une équation simple. Prenez vos stylos et notez :

 » Que faire quand votre seule et unique coloc :
– étudie tous les jours de neuf heures à dix-sept heures,
– travaille le soir de dix-huit heures à vingt-deux heures,
– part ensuite en week-end à Glasgow,
– en vous laissant seule (i.e. sans télé, sans internet, sans radio) dans une ville où TOUT ferme à dix-sept heures pétantes ? ».

Vous avez deux heures.

Attention, je ne me plains pas ! J’ai déjà trouvé un logement, je me débrouille en anglais, l’Ecosse n’est pas le summum du choc culturel … devoir passer un week-end à Edimbourg n’est donc pas vraiment l’idée que je me fais d’une galère. Mais quand même. Je devais meubler ces fichues journées avec pour seuls compagnons mon appareil photo, mes multiples guides sur l’Ecosse et Edimbourg (mieux vaut trop que trop peu comme on dit), un Fred Vargas et une tablette de chocolat (« feue une tablette de chocolat » pour être honnête).

Alors j’ai joué à la touriste : appareil autour du cou, Guide du Routard dans la main et Converses aux pieds. J’ai visité un musée (le National Museum of Scotland, mieux que la Foir’Fouille ! On y trouve un mouton empaillé – Dolly ! , un vrai satellite, un jeu d’échecs viking, les bijoux de Marie Stuart… – absolument génial), éclusé un ou deux cimetières, je me suis farci des restes de pseudo-volcans (Holyrood, Arthur’s Seat, Carlton Hill) du haut desquels la vue sur Edimbourg est incroyable, je suis rentré dans des églises austères … occupations qu’un groupe de touriste japonais n’aurait pas renié – et ils viennent ici en masse ! L’occasion d’en apprendre plus sur l’Ecosse et de prendre de jolies photos.

L’occasion aussi de relever les premiers indices qui laissent deviner qu’en dépit du reste, cette année écossaise sera dépaysante. Petit inventaire des us et coutumes édimbourgeois.

les Ecossais ont une passion évidente pour tout ce qui a trait à leur estomac. Le Lonely Planet, le Routard et National Geographic m’avaient mis en garde (Edimbourg est la ville britannique qui compte le plus de restaurants par habitants), mais rien ne m’avait préparé au nombre astronomique de restaurants / cafés / pubs / bars / bouis-bouis plus ou moins atrayants. En France, nous sommes assaillis de boulangeries ; ici ce sont les resto. Impossible de parcourir une rue sans tomber sur un chinois, un indien ou une crêperie (pas encore testée la crêperie, mais je demande à voir). Dans certains coins de la ville, on peut trouver une enfilade de six ou sept pubs, resto, café, etc, etc … Ce qui me réjouit plutôt, il faut le reconnaître.

les Ecossais aiment faire bûcher leurs étudiants. J’en veux pour preuve ma surprise en voyant Beth (ma coloc) sortir de l’appart avec deux ou trois livres sous le bras (« Maybe you know Piew Bouwdiou Alice ? He’s French ») un soir à 22h. Et m’annoncer le plus naturellement du monde qu’elle part bosser à la bibliothèque de la fac et que je ne dois pas l’attendre vu qu’elle ne rentrera pas avant une ou deux heures du matin. En période d’examen, la bibliothèque ne ferme JAMAIS. Elle est loin la BU de l’IEP, où l’on se fait gentiment prier de dégager à 18h45 tapantes …

les Ecossais achètent la majorité de leurs fruits et légumes à l’unité. Oui, oui, ça peut paraître anecdotique. Mais quand vous comptiez faire un crumble maison le dimanche aprem, l’idée de devoir dépenser le prix d’un petit repas au resto pour acheter vos pommes (80 pences l’unité pour certaines, soit pas loin d’un euro) vous refroidit un peu. En fait les yaourts, c’est bien aussi.

les Ecossais adorent faire croire aux étrangers que l’Anglais n’est plus la langue officielle en Ecosse. A grand renfort de « Ante he tolt mi », de « r » roulés et de « hayyyyy » vigoureux pour dire « oui » (la sobriété n’est pas leur fort), la plupart arrivent à vous faire douter de votre maîtrise de la langue de Shakespeare.

les Ecossais aiment aussi laisser penser aux touristes que Robert the Bruce et William Wallace (héros historiques de la lutte contre la tutelle anglaise) sont nos contemporains, et que le kilt est donc toujours à la pointe de la mode. Raison pour laquelle les rues touristiques sont innondées de magasins de souvenirs ringards où le tartan est de rigueur (du bonnet péruvien au soutien-gorge malheureusement). A part un joueur de cornemuse (l’équivalent de nos accordéonistes qui jouent Amélie Poulain sur le pont des Arts, pas typiquement authentique), un Highlander en plastique dans le National museum of Scotland et un touriste chinois (eh oui, il a osé…), pas vu trace de tartan.

les Ecossais sont des couche-tôt. Et quand je dis « couche-tôt », c’est « vraiment » couche-tôt. Leurs musées ferment à 17h. Leurs magasins ferment à 17h (mais pas leurs Tesco, dieu merci). Leur journal de 20 heures est à 18h. Leurs cafés ferment à 18h. Heure à laquelle les tables des restaurants sont toutes remplies. Même Beth, ma coloc, mange à 17h30 le soir (charité suprême, elle a consenti à décaler son diner d’une demie-heure un soir où on est allées manger ensemble). A 19h, tout est fermé, tu as mangé, il fait presque nuit (c’est l’Ecosse), et froid (c’est l’Ecosse). D’où ma question : mais que font les Ecossais après 19h ?! De plus amples investigations seront nécessaires …

D’ici là, enjoyez les photos ! See you soon !

Puzzle architectural

 

 

 

 

Carlton Graveyard 2

 

 

Carlton Graveyard

 

 

La verrière du NMS

 

La Firth of Forth depuis Carlton Hill

 

Cache-cache sur Carlton Hill

 

 

Holyrood vu depuis Carlton Hill

 

Et un satellite, un !

 

Carlton Hill, l'Acropole Edimbourgeoise - mouais

4 réflexions sur “Etude des moeurs écossaises par un week-end pluvieux

  1. C’est quoi ce grand hall sous coupole, avec un café au premier étage ? Le Musée ? Le bâtiment a l’air génial, haut et très lumineux (parfait pour une bibli aussi du coup)…
    Je paierais cher pour une photo d’un Chinois en kilt 🙂

    • Oui Delphine, c’est la verrière du National Museum of Scotland, pas mal hein ? 🙂
      Je suis déçue : j’avais légendé toutes les photos mais les légendes ne sont pas passées visiblement …
      Pour ce qui est du chinois en kilt, je compte bien immortaliser ça la prochaine fois que je le croise !

  2. J’ai bien rigolé en lisant ton article ! J’espère que ça va aller mieux après ces petites péripéties ! Ca a l’air d’être une très belle ville

  3. Haha, les légendes ne sont pas passées mais en plus, elles se sont mis dans le lien des photos (que l’on peut avoir si l’on clique dessus)
    En plus, tu laisses ton petit commentaire : « carlton-hill-lacropole-edimbourgeoise-mouais.jpg »
    Pas l’air très convaincu hein !

    En tous cas, tu me fais toujours autant rire, ton article est vraiment sympa 😀

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