Fresher’s Week à l’Ecossaise

La queue devant Teviot pour le Fresher's Ball du samedi soir

La queue devant Teviot pour le Fresher’s Ball du samedi soir

Haa la semaine d’inté ! On y a droit en entrant en école de commerce, à Sciences Po, à la fac (euh non pas à la fac en fait), en école d’ingé – etc etc … Un des avantages majeurs de la 3ème année, c’est la possibilité de remettre ça ! Bien que n’étant plus de petits bacheliers timides et désireux de commencer notre vie estudiantine sur les chapeaux de roues, il faut admettre que l’idée d’avoir droit à « Semaine d’inté : le retour », c’est plutôt excitant. Et ça l’est d’autant plus quand on étudie à l’Université d’Edimbourg – les Scottish aiment faire les choses en grand … Entre galères de logement, emploi du temps super-light et associations à gogo, voici la Fresher’s Week à la sauce écossaise !

  • Mode d’emploi

Pour commencer : kézako qu’une semaine d’inté à l’écossaise ? La Fresher’s week comme ils l’appellent ici, désigne la semaine de pré-rentrée et est destinée à tous les nouveaux étudiants Undergraduate (les L1 ou 1A chez nous les Frenchies), Postgraduates (master), les PhD ou doctorants (bizarrement on les voit moins lors des bars crawls ceux-là), et bien sûr, tous les Visiting Students ! Etant donné le nombre (excessif) de Freshers, l’Université d’Edimbourg se doit de prévoir large. Voici donc la Fresher’s Week en quelques chiffres :
240 : le nombre de « societies », c’est-à-dire de clubs et d’associations. La Societies Fair (leur journée des assos) est carrément impressionnante : du club « bootcamp » au club « Fromage » en passant par le club « Marxiste », il y en a pour TOUS les goûts. (je sais que les listes, c’est assez pénible à lire, mais je me dois de mentionner le club de montgolfière, le club de ski, le club de randonnée en poney et le club Bière et Cidre). (sans oublier le club Harry Potter, qui organise régulièrement de tournois de Quidditch dans les Meadows – j’ai hâte de voir ça).

La Cheese Society lors de la Societies Fair

La Cheese Society lors de la Societies Fair

700 : le nombre d’évènements organisés pendant la semaine d’inté. Le programme des évènements fait pas moins de 40 pages, pas très écolo, et nécessite une organisation pointilleuse ! Organisation d’ailleurs pas toujours au rendez-vous… En une semaine, on a réussi à perdre deux étudiants dans une chapelle (si si, c’est possible) située à une heure du campus, on a réussi à manquer une visite (ET à ne pas se la faire rembourser) car les organisateurs avaient mélangé les points de rendez-vous, et pour £5 on a eu droit à un pseudo-haggis dans une assiette en plastique – assez loin des « Scottish Yummies » que le programme annonçait.

LE plat national : le Haggis avec Neeps and Tatties. En gros, il d'agit de viande de mouton hachée avec plein d'épices, servie avec de la purée - je sais, je brise un mythe ...

LE plat national : le Haggis avec Neeps and Tatties. En gros, il d’agit de viande de mouton hachée avec plein d’épices, servie avec de la purée – je sais, je brise un mythe …

– £40 : c’est le prix du Fresher’s Pass. « Je suis venu, je l’ai acheté, et j’aurais pas dû  » : la majorité des évènements sont gratuits, pour le reste, c’est mal organisé, cf. plus haut. (Note à moi-même : ne pas me faire avoir la prochaine fois).
3 : le nombre de bâtiments appartenant à l’Université et dans lesquels se déroulent la majorité des soirées et activités de la semaine (mais aussi le reste de l’année !). Pleasance, Potterhow et Teviot (le petit château oui) sont les Unions Buildings. A l’intérieur : des restaurants, des salles de concert, des salles de danse, des salles de gym dernier cri, des cafés, … On est plutôt très loin de la salle des assos de l’IEP pour les rennais qui me liraient.

Teviot, l'un des "union buildings" qui accueille la majorité des évènements organisés par les 240 societies de la fac.

Teviot, l’un des « union buildings » qui accueille la majorité des évènements organisés par les 240 societies de la fac.

  • Nouvelles têtes

La Fresher’s Week sert évidemment à faire de nouvelles rencontres, l’occasion de se présenter à peu près dix mille fois par jour à des tas et des tas de gens provenant de pays divers et variés. (A noter une invasion teutonne et yankee cette année : que font les allemands et les ‘ricains en Ecosse ??) Les étrangers sont en général contents de rencontrer des Français. La conversation classique se déroule grosso modo ainsi :
– Hi! So you’re from France ? (grand sourire)
– Yes, I’m !
– Paris ? Ley champe Zélizey ? Touw Eyfel ? (combo : sourire + étoiles dans les yeux)
– No, I come from Brittany !
– Oh… (les coins de la bouche tombent, le regard se fait inquiet) I see … (en général, ils ne « see »nt pas du tout justement)
– You know, Brittany ! The region in the West of France ? The sea … ? No ? Brittany ?
– Like … Spears ?
– Err … I’m sorry ?
– Britney Spears … ? »
Pense-bête : 1) Dire « The West of France », c’est mieux. 2) Penser à travailler son accent.

Comment rencontrer du monde en Ecosse ? En dansant le Ceilidh ! Bon, la photo n'est pas de moi, mais grosso-modo ça vous donne une idée du genre de sauteries qui ont lieu dans le coin !

Comment rencontrer du monde en Ecosse ? En dansant le Ceilidh ! Bon, la photo n’est pas de moi, mais grosso-modo ça vous donne une idée du genre de sauteries qui ont lieu dans le coin !

  • La Fresher’s Week version quête du graal : le logement

Alors que certains chanceux ont la chance de pouvoir profiter des joies de la semaine d’inté (faire la queue sous la pluie à 8h du matin, danser le ceilidh, se croire dans Harry Potter quand le principal prononce le discours d’accueil), d’autres doivent faire face au problème numéro un de tout nouvel étudiant édimbourgeois : la pénurie de logement. Présenté comme ça, bon, on se dit qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Les choses s’avèrent quand même être un poil plus compliquées quand vous venez de débarquer en territoire inconnu (et hostile qui plus est – entre la pluie, l’accent écossais et la panse de brebis), avec vos 30kg de bagages et votre attestation d’inscription à l’université. Pour faire simple, la grande majorité des baux ont une durée d’un an. C’est un peu gênant quand vous restez neuf mois, mais ça devient vraiment galère si vous n’en restez que quatre. Pour commencer, les agences vous jettent tous méthodiquement. Certaines, dans leur grande bonté, ont parfois la générosité de vous proposer des contrats court terme ; en Ecosse, un contrat court terme est synonyme de 600£ de loyer par semaine et par personne. Le marché immobilier écossais, ou l’art de se foutre de la gueule du monde. Une fois l’éventualité de passer par une agence écartée, la majorité des étudiants se tournent vers les groupes Facebook qui pulullent sur la toile. Des étudiants ayant déjà trouvé un appart y cherchent parfois des colocataires. Là encore, assez dur de trouver des contrats d’un semestre. Parfois pourtant, la chance vous sourit et vous pouvez décrocher un entretien avec vos « futurs-colocs-potentiels » – les choses rigolotes commencent. Au choix :

  • vous pouvez vous retrouver face à un autre candidat et devoir défendre votre place en répondant aux feu croisé des questions des proprios et des autres colocs (Tu manges bio ? Tu joues du piano ? Tu es prêt à payer une fortune pour une chambre ridicule ?) ;

  • vous pouvez penser faire la visite seul et vous retrouver à être vingt pour visiter une chambre ;

Tout ça bien sûr pour des piaules miteuses et extrêmement chères – sinon c’est pas assez drôle. Le problème, c’est qu’il est tellement difficile de trouver un logement que les étudiants se retrouvent forcés d’accepter des trucs parfois limites. Et l’université alors ? Elle qui accepte des centaines d’étudiants étrangers pour le semestre en sachant que le marché est saturé, elle doit pouvoir faire quelque chose non ? Eh bien non ! Quand on va au service « accomodations », on se voit répondre que « Eh oui – c’est le même problème tous les ans – malheureusement l’université ne loge que les étudiants qui restent un an – vous n’êtes pas la première et vous ne serez pas la dernière – si je pouvais je vous aiderais – certains étudiants passent le semestre en auberge de jeunesse vous savez ». Ca vous fait une belle jambe quoi. Le combo « université inutile + agences innefficaces + absence de baux pour le court-terme » conduit à des situations assez sordide. La création sur Facebook par exemple d’un groupe « Homeless students of Edinburgh ». Le post de messages quasi-désespérés d’étudiants qui sortent de l’aéroport et qui n’ont pas d’endroit où passer leur première nuit car les auberges de jeunesse et les hôtels sont tous pleins pour la semaine. Bref, des situations aberrantes et qui pourraient être évitées.. L’Université d’Edimbourg peut se vanter autant qu’elle veut d’accueillir de brillants étudiants internationaux, mais si ceux-ci doivent rejoindre un groupe d’étudiants SDF pour trouver un logement, c’est qu’il est plus que temps de se poser des questions … Pour ce qui est de mes copines dans la panade, elles s’en sont (plutôt) bien tirées – même si les colocs laissent parfois à désirer. Cougar de cinquante piges qui part en vacances à Ibiza,  trentenaire à priori sympathique qui fume de l’herbe dans le salon avec ses potes et invite des girlfriends à la maison (en ayant la délicatesse de prévenir qu’il « risque de faire du bruit » – trop aimable) … Les joies d’Erasmus en somme !

La cérémonie de bienvenue dans Mac Ewan's Hall. Tous les gusses en robes sont des gens importants (principal, adjoint, président de l'EUSA, recteur...), manque plus que Dumbledore !

La cérémonie de bienvenue dans Mac Ewan’s Hall. Tous les gusses en robes sont des gens importants (principal, adjoint, président de l’EUSA, recteur…), manque plus que Dumbledore !

  •  Les choses sérieuses commencent : les cours

La semaine d’inté, c’est pas non plus que du fun et des galères de logement, c’est aussi l’occasion de se rappeler qu’on est venus là pour étudier. Pas toujours évident de s’en souvenir. Le rendez-vous avec le Personal Tutor a lieu pendant la semaine et sert à vérifier que tout est au point au niveau des cours. De mon côté, j’ai d’emblée été mise dans le bain quand mon tuteur a vu mon emploi du temps et a éclaté de rire. Un peu inquiète, je lui demande le motif de son hilarité, parce que personellement je ne trouve pas que mes cours d’allemand ou de culture celtique prêtent tant que ça à la rigolade. Et lui de me répondre en pouffant « Mais vous avez pris trop de cours ! Quatre par semaine, c’est beaucoup trop, même les étudiants écossais n’en prennent que trois ». Bon. Je n’avais pas l’impression d’être super ambitieuse en choisissant quatre cours pour un semestre, mais il faut croire qu’on ne fonctionne pas pareil en France et en Ecosse … Au final, après de nombreux mails / test d’anglais / rendez-vous avec le Visiting Student Office / changements d’avis, je risque de suivre : allemand (5h par semaine dont une le vendredi aprèm, ce qui pourrit potentiellement mes chances de partir en week-end pour trois jours), Civilisation celtique (3h par semaine) et Management (2h par semaine). 

Arthur's Seat, la superbe montagne qui surplombe Edimbourg. Il faut un peu de temps (et de bonnes jambes) pour arriver en haut, mais la vue vaut largement le coup ! (magnifique camaïeu de gris dans le ciel au passage, qui laisse présager des litres de pluie dans les heures à venir)

Arthur’s Seat, la superbe montagne qui surplombe Edimbourg. Il faut un peu de temps (et de bonnes jambes) pour arriver en haut, mais la vue vaut largement le coup ! (magnifique camaïeu de gris dans le ciel au passage, qui laisse présager des litres de pluie dans les heures à venir)

Pour les feignants qui n’ont pas lu le reste, ma Fresher’s Week a grosso modo été top – même si je me rends compte que je suis un tout petit peu amère sur certains points (mais je suis française, j’ai une réputation à tenir aussi !) ! On a vu des châteaux, des chapelles, bu du whisky, de la bière et de l’Irn Bru (LA boisson locale qui détrône Coca-Cola : un soda orange fluo qui a goût de dentifrice – comble de l’horreur : ils boivent ça avec du whisky ; il faudra qu’on m’explique), on a visité Edimbourg la nuit avec un vampire pour guide, on a grimpé des montagnes, on a cru être à Poudlard quand le principal et les adjoints sont entrés dans Mac Ewan’s Hall en toge sur du Haendel, on a visité le Parlement, mangé des tonnes de pizza, du haggis (pour les courageux au fait, il existe des pizzas au haggis, je dis ça je dis rien), et des fantastiques carrot cakes,  rencontré des gens supers sympas et d’autres plus bizarres, on a bravé la pluie et le vent …

La fine équipe de randonneuses avec qui j'ai monté Arthur's Seat (majorité française, mais on trouve une Belge et une Américaine dans le lot)

La fine équipe de randonneuses avec qui j’ai monté Arthur’s Seat (majorité française, mais on trouve une Belge et une Américaine dans le lot)

Plus important : je suis plus que jamais fan d’Edimbourg. En bref : le reste de l’année s’annonce bien !

Encore et toujours lui : le château d'Edimbourg ! Et l'occasion de rappeler aux jaloux que OUI, il fait PARFOIS beau en Ecosse (non mais).

Encore et toujours lui : le château d’Edimbourg ! Et l’occasion de rappeler aux jaloux que OUI, il fait PARFOIS beau en Ecosse (non mais).

4 réflexions sur “Fresher’s Week à l’Ecossaise

  1. Mmmmh, des carrot cakes, trop de chance !!
    La semaine d’inté est impressionnante, je n’ose même pas imaginer combien d’étudiants vous êtes en tout… C’est génial que vous ayiez le choix entre autant d’assos, il y a de quoi occuper le temps que l’université vous garde libre 😉 (D’ailleurs ici c’est le contraire : tout le monde a cours du Lundi au Samedi compris, il n’existe tout simplement pas d’assos étudiantes !)

  2. C’est intéressant ce que tu dis sur le logement: je n’ai pas du tout vécu ça. En tant que visiting student pour l’année, c’est l’université qui gérait tout… Et tant mieux. Si le problème du logement n’avait pas été réglé à mon arrivée, j’aurais bien, bien crisé !
    Grand moment que la Freshers’ week ! Je te conseille vivement la French Society, elle est assez active, il y a finalement peu de français et les activités sont sympas ! Et je connais des gens qui y sont. 😉
    A quelles societies penses-tu adhérer ?

    • J’ai eu de la chance car je reste un an et j’avais trouvé un logement avant d’arriver. Pour les autres, c’est vraiment une galère innomable ! Pour ce qui est des societies, j’ai adhéré à la Baking Society, je pense rejoindre la French Society (j’ai besoin de piston ?) et la Hiking society 🙂

      • Ah j’avais un ami dans la Hiking Society, il adorait !
        Ahah, pas de piston non ! Mais ce que tu peux faire si tu y vas un soir lors d’une de leurs film nights, c’est aller voir le Publicity Officer (http://frenchsociety.weebly.com/1/post/2013/03/committee-for-2013-2014.html) et lui faire une bise de ma part 😉
        Moi j’étais dans la Female Voice Choir (un super bon groupe), dans le Labour Club, dans The Journal et à l’International Student Centre (si tu n’y es pas encore allée, lâche tout et cours-y !!). La SocieTea fait aussi plein de trucs sympa!

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