Christmas is coming !

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Noël en novembre, vacances d’été en mars ?

Dimanche dernier à seize heures, George Street était bondée. Pas de manifs (en même temps il faut être réaliste : on est en Grande-Bretagne), pas d’embouteillages, pas de concert … mais une densité de moutards au mètre carré proprement effarante. Dissimulés sous quarante épaisseurs de couverture polaire dans les poussettes, perchés sur les épaules de Papa, affalés par terre après une tentative un peu trop téméraire de monter sur le trottoir – ils étaient PARTOUT ! Raison de l’invasion ? Noël. Oui oui, vous avez bien lu. En ce dimanche 24 novembre, les Edimbourgeois ouvraient officiellement les hostilités : début des illuminations, lancement du marché de Noël, chorales de Noël à tire-larigot, feux d’artifice (of course), le tout ponctué d’un « Merry Christmas everyone ! » de la présentatrice. Un peu précoce quand même.

 En même temps, ça nous tournait autour depuis un moment. Catalogues fourrés dans les boîtes aux lettres début octobre. Papas Noël dans les vitrines des boutiques – sans transition après les zombies d’Halloween (allez expliquer ça aux enfants après). Pulls hideux à tête de renne fièrement arborés par les jeunes autochtones en boite de nuit. Pubs à gogo à la télé et sur Youtube (avec l’innénarable combo « Michael Bublé / neige / marrons »). Rayons des supermarchés squattés par des dindes mutantes de dix kilos. Ambiance. Présenté comme ça, ça fait too much, je vous l’accorde. Mais Edimbourg le vaut bien ! Récemment classée par CNN dans le Top 10 des villes où il faut passer Noël, elle sort le grand jeu – un mois trop tôt s’il le faut !

L'intérieur du "Dome", une ancienne banque de New Town reconvertie en restaurant ultra-huppé. Les Galeries Lafayette parisiennes n'ont qu'à bien se tenir !

L’intérieur du « Dome », une ancienne banque de New Town reconvertie en restaurant ultra-huppé. Les Galeries Lafayette parisiennes n’ont qu’à bien se tenir !

L’Allemagne pour les Nuls

 Et pourtant, contre toute attente, je pars demain m’exiler chez les Teutons pendant deux semaines. Le fait que je voyage passe encore, je reste même carrément modeste dans la catégorie. Et justement : « Pourquoi l’Allemagne en fait, je comprends pas ? » me direz-vous. Oui, il y a plus exotique. Et non, les saucisses ne représentent pas l’apogée de ce qui se fait en matière de bouffe. Je le reconnais. Mais une légère envie de vous répondre « Scheisse. Parce que » me démange, je le reconnais aussi. Zut à la fin, c’est chouette l’Allemagne !

 En Allemagne pour commencer, il y a les vrais marchés de Noël – pas les ersatz d’attrape-couillons qui prétendent être traditionnels tout en essayant de vous refourguer du vin chaud « traditionnel » à £4 le gobelet. L’arnaque, elle est traditionnelle aussi ? (j’en profite pour ajouter que les British sont des gens sans pitié qui font du cidre chaud. Si si.) Bon, je ne suis pas non plus naïve au point de croire que les Allemands n’essaient pas d’arnaquer les touristes. Mais vu le peu qui viennent les voir, ils feraient mieux de les choyer. Bref. Outre les marchés de Noël, les Teutons ont aussi des villes pas trop mal : Munich, Nüremberg, Ausburg, Salzburg (ouiii, je sais, c’est pas en Allemagne, n’empêche qu’on y va quand même d’abord) et encore plein d’autres dont les noms sont illisibles. L’occasion de faire un peu de tourisme entre les marchés de Noël quoi.

Autre gros avantage des Allemands : eh bien ils parlent allemands ! J’enfonce peut-être des portes ouvertes (ah M. Garet), mais c’est plutôt chouette sachant que j’apprend l’allemand depuis deux mois. Je devrais plutôt dire que je galère depuis dix longues semaines à essayer de parler une langue qui est un mélange raté de latin, d’anglais, de hollandais et d’au moins deux ou trois autres langues à la con. Oui, c’est pas gagné. Toujours est-il qu’à défaut de pouvoir causer charcuterie des heures durant avec un compatriote de Goethe portant salopette und chapeau bavarois, je pourrais au moins être polie. Je sais aussi dire l’heure. Mein Gott – je suis presque bilingue.

Marché de Noël d'Edimbourg - un petit air d'Allemagne avant l'heure ...

Marché de Noël d’Edimbourg – un petit air d’Allemagne avant l’heure …

Rencontres fortuites

Ce qui est aussi assez chouette au sujet de l’Allemagne, c’est que Lyndsay et moi on compte y faire du couchsurfing. Pour les incultes (ou les lecteurs de la génération précédente, restons corrects) qui ignorent ce qu’est le couchsurfing, j’en appelle à vos souvenirs de cours d’anglais. Mais si vous y avez appris des choses en dehors de « My tailor is rich » (ou « Where is Brian ? » pour les jeunes incultes) : couch, c’est canapé et surfing, eh bien c’est surfer, surprise surprise. Le couchsurfing consiste donc à squatter les canap’ / matelas gonflables / clic-clacs / tapis de gym / paillassons qu’un gusse à l’autre bout de la planète (ou en Allemagne en l’occurrence) aura daigné vous prêter gratos. Un peu de l’autostop version maison quoi. Bien sûûûr on fait attention Maman – même si techniquement on dort chez des inconnus. Pour autant, il ne s’agit pas de se la jouer Antoine de Maximy en mode « J’irai dormir chez vous ». Et on ne sera pas non plus en Colombie, en Afrique du Sud ou au Liban. Pour le moment, on n’a pas encore reçu de réponse positive mais on continue à croiser les doigts – affaire à suivre !

 Dans la série « Alice à la rencontre d’inconnus », je ne m’arrête pas là puisque je viens de trouver une famille d’Edimbourgeois avec qui passer la journée du 25 décembre ! Présenté de la sorte, ça fait complètement pitié – on dirait un remake raté de « Rémi sans famille ». Mais il faut dire ce qui est : je passe effectivement les vacances de Noël en Ecosse. Comme l’université prend soir de ses étudiants – à la petite exception des fois où elle laisse sur le carreau ce qui arrivent pour le semestre et cherchent un logement – elle propose d’en caser certains pour les fêtes. « Allez allez, il est beau mon étudiant étranger ! ». Gentil comme attention quand même. Je n’ai pas eu de nouvelles jusqu’à dernièrement, et je me résignais donc à l’idée de passer Noël à bosser chez Domino’s Pizzas / seule à chanter « All by myself » / avec un tas d’étudiants asiatiques (ils pullulent dans le coin) pour qui la dinde aux marrons et le foie gras ne sont que de très lointains concepts. Mais aujourd’hui : mail de la fac ! Un couple d’elderlies cherche à partager le repas du 25 avec un(e) étudiant(e) étranger(e) en détresse – Bibi donc.

 La nana de la fac qui m’a contactée m’a d’abord dit que le couple n’utilisait pas de mails. Là, je me suis rappelé que « elderlies » voulait dire personnes âgées et pas juste retraités. Quand je lui ai dit que je n’étais pas encore très à l’aise au téléphone mais qu’un coup de fil ferait quand même l’affaire, elle a ajouté qu’ils m’enverront sûrement « une lettre de toute façon ». OK. Je vais donc manger avec des tricentenaires écossais ! (J’ai conscience de passer pour une sale ingrate. En vrai, je suis super contente. Tant qu’ils me tiennent loin de leurs dentiers, tout ira bien.)

 Christmas is coming donc ! Les voyages aussi, et les rencontres avec … Avant de m’envoler pour Munich, je conclue cet article … à l’écossaise : Joyeux Noël à tous !

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